emequis (mx)
México ciudad

jan
16

La semaine dernière, je me suis inscrite à un cours de presse télévisée à l’Université de Montréal qui débute le 5 mars. Ainsi, je prévoyais prolonger mon séjour au Mexique jusqu’au dimanche le 2 mars, afin de voyager un peu avant de revenir au Canada. Cette décision a exigé beaucoup de réflexion, mais voilà que de nouveau, je dois reconsidérer mon retour au Canada!

Alternatives, l’organisation qui m’a envoyée ici pour réaliser le stage, me propose de prolonger mon séjour pour un autre mandat de quatre mois, toujours avec LaNeta à México. Février, mars, avril, mai… je reviendrais donc au début du mois de juin. J’ai jusqu’à vendredi pour donner ma réponse.

L’ACDI a octroyé davantage de budget à Alternatives, et pour cette raison, ils nous proposent de prolonger notre stage. À la lecture de nos rapports mensuels, Alternatives considère que nous faisons du bon travail, et nous offre cette possibilité à Jonathan et moi de continuer notre stage. Je ne crois pas que ce soit un phénomène très commun dans le programme Cyberjeunes. En fait, je n’ai jamais entendu parler de stagiaires dont le mandat a été prolongé par l’organisation canadienne elle-même. Ce serait très intéressant pour moi, puisque je pourrais travailler sur de nouveaux projets, approfondir mes connaissances techniques, et surtout, réaliser des projets personnels que je caresse depuis un moment déjà (articles, reportages, etc.).

En somme, je pourrais mieux planifier les quatre mois qui suivent. Vous savez, ça prend en moyenne trois mois pour s’adapter à un nouveau pays, une nouvelle langue. En ce moment, je me sens bien plus en confiance qu’à l’automne. Je comprends mieux et parle mieux en espagnol, en plus de posséder une connaissance de la culture mexicaine bien plus étendue qu’avant. J’ai voyagé seule, travaillé en majorité dans le secteur des communications et j’ai pris beaucoup d’indépendance. Je me sens disposée à entreprendre des projets plus ambitieux, comme par exemple la couverture du Forum Social Mondial, qui commence la semaine prochaine.

Rien n’arrive pour rien, et si je dois changer tous mes plans, il doit y avoir quelque chose qui m’attend au bout du chemin. Ma décision n’est pas prise, mais je vais considérer cette offre sérieusement. Après tout, ce n’est pas tous les jours que l’ACDI vous offre un budget pour travailler au Mexique…

jan
16

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé si nous avions gagné le concours de VJ pour lequel je vous avais demandé de voter. Et bien non, et voici la petite histoire. Un jour, Daniel a envoyé le lien à un ami, pour qu’il vote pour le video sur le site. Le colocataire de cet ami est aussi un VJ, alors ils ont décidé de soumettre un video eux aussi. Le concours était fait de telle façon que vous puissiez voter autant de fois que vous vouliez, ce qui n’est pas très légitime. En plus, il n’y avait même pas de jury pour octroyer le prix au meilleur video. Seulement les votes par Internet comptaient.

Lorsqu’on a appris qu’ils avaient gagné le concours, nous étions surpris. C’est un coup bas, puisque jamais ils nous ont dit qu’ils participeraient au concours. Rendus à Playa del Carmen, nous les avons rencontrés et ils ont dit: “Ah, merci pour nous avoir parler du concours! Nous nous amusons bien…”. Quelle arrogance! En plus, ils nous ont avoué que pour gagner, les deux ont voté 100 fois par jour pour leur propre video. Il n’y a pas de quoi être fier!

jan
15

À tous mes fidèles lecteurs, je souhaite une nouvelle année 2008 des plus extraordinaires! Je ne sais pas pourquoi, mais ça sonne bien 2008… Ce doit être parce que le chiffre 8 me fascine, je le choisis toujours quand on me demande mon chiffre préféré. Couché, le 8 devient le symbole de l’infini. Debout, il ressemble à une créature aux courbes dangereuses, ou à un bonhomme de neige. Ou à un cornet à deux boules de crème glacée. Mmm.

Il y a un an, quand j’étais à Calgary pour le Jour de l’An, jamais je n’aurais imaginé être au Mexique l’année suivante. Surtout pas les deux pieds dans le sable blanc de la mer des Caraïbes… Vous vous doutez bien que j’aie passé un voyage extraordinaire dans la péninsule du Yucatan. En quelques mots:

  1. Noël chez les amis de la famille de Daniel, dans une magnifique résidence avec jardin et piscine, en bordure d’une laguna remplie de crocodiles…
  2. Kayak dans la laguna et observation des bulles en surface, signalant la présence d’un croco dans les parages…
  3. Tour de yacht jusqu’aux eaux de la précieuse Isla de las Mujeres, une couleur sans pareil dans les Caraïbes.
  4. Visite de Chichen Itza, site archéologique maya élu cette année comme l’une des merveilles du monde! Beaucoup de touristes, mais un détour qui en vaut la peine. Entre autres, le premier observatoire astronomique y a été construit, et de ce modèle est né ceux que nous connaissons aujourd’hui. C’est incroyable les connaissances que possédaient les Mayas. Imaginez: ils n’avaient pas découverts la roue, pour eux le cercle symbolisait la lune et le soleil. Ils ont quand même réussi à construire des monuments imposants, et tous orientés vers la planète Vénus, que les Mayas de Chichen Itza vénéraient.
  5. Fiestas au méga-party “Winter Beach” de Playa del Carmen, du 27 décembre au 2 janvier: lounge sur la plage, avec lits doubles à baldaquins, piña coladas, d.j. reconnus jouant toute la journée, parades de mode, beaucoup de beau monde de partout au monde.
  6. Snorkeling à Cozumel. Magnifique, l’eau est d’un bleu turquoise profond, ça donnerait des frissons à n’importe quel employé de chez Trévi. Poissons argentés, multicolores, arc-en-ciel brillants… J’ai pris un concombre de mer dans mes mains, ce n’est pas râgoutant, mais tout le monde a ri.
  7. Le 31 au soir, fiesta toda la noche al Coco Maya, un endroit de rêve pour un tel événement: grande piste de danse avec D.J. dont j’ai oublié le nom, mais la fête s’est poursuivie sur la plage. Danser les deux pieds dans le sable, c’est pas mal plus zen. Levé de soleil spectaculaire sur la mer des Caraïbes, c’est comme ça qu’on “reçoit” le Nouvel An, comme disent les Mexicains. Jamais je n’oublierai ce moment, c’était le meilleur 1er janvier de ma vie. Ça fait changement de la pelletée de neige quoi.
  8. Manger des fruits de mer exquis: mon activité la plus fréquente lors de ces vacances de choix. Crevettes et encore des crevettes, de toutes les façons possibles: en brochette, à peler dans une chaudière, panées, en ceviche, en soupe, en mousse… et beaucoup de poisson aussi. Je suis végétarienne et la viande ne me tente pas du tout, mais je ne pourrais absolument pas résister aux fruits de mer.
  9. Aparté sur mon végétarianisme: ici c’est toujours un mystère pour les gens que je rencontre, je dois expliquer mon végétarianisme avec gusto: “Non, ce n’est pas pour garder ma ligne… Non, je ne mange pas que de la salade…”. Ça c’est fait très graduellement, je mangeais de moins en moins de viande, jusqu’à ne plus en manger du tout. Je sens du bbq et ça ne me fait rien… difficile de le croire, mais le végétarianisme me procure un bien-être non égalé. J’avais beaucoup de problèmes de digestion auparavant, qui maintenant sont quasi inexistants. Depuis que je cuisine végé, je mange plus frais et sain, en plus d’essayer constamment de nouvelles recettes et de nouveaux aliments. Je vous encourage à entrer dans ma secte! Pratiquez le yoga aussi, ça va bien ensemble :)
  10. Enfin, voyage à Tulum, la belle sauvagesse. Le site archéologique est situé en bord de mer. Vraiment, les Mayas savaient comment profiter de la vie: sympatique ville, jolie et simple, entourée de forêt tropicale et sise sur un rocher près d’une mer magnifique. Nous avons dormi dans des cabañitas, petites hutte de paille et de bois, à même la plage. Très tranquille après toute cette fiesta. Nous avons profité de ce calme avant de rentrer au D.F., où il faisait un “pinche frio” (trad.: maudit froid).

Voilà mon résumé, je vous montre les photos sous peu. Je sais, je vous dois toujours un récit des mes aventures au Chiapas et à Oaxaca, ou du moins quelques photos. Pardon de ne pas avoir écrit avec plus d’assiduité. J’étais un peu dépassée par tous les événements d’avant Noël. Mais je vous réserve quelques surprises… Mon stage se termine ce vendredi (DÉJÀ!), et la semaine prochaine j’assisterai au Forum Social Mondial ici dans la capitale. Projets de reportage radio et articles en vue… je vous tiens au courant. J’ai enfin ma date de retour au bercail: dimanche le 2 mars, à 18h43 exactement (ou sûrement avec du retard), je foulerai de nouveau le sol de mon île chérie. Je m’attends à une banderolle de bienvenue à l’aéroport PET, rien de moins. Ben quoi, j’aurai besoin d’aide pour transporter toutes ces valises surchargées de souvenirs pour vous, chers éloignés!

déc
01

Pour ceux qui n’auraient pas encore voté, ou qui voudraient faire voter leurs amis, svp se rendre sur cette page, et votez pour le video avec le cube argenté, identifié au nom de Daniel Gonzalez:

http://www.vjcontest07.com/

Mon ami Daniel et moi participons à un concours de video publicitaire pour la gomme IceBreakers. Si nous gagnons, nous partons 1 semaine à Playa Del Carmen pour le Jour de l’An, toutes dépenses payées! SVP, votez et faites mon bonheur… c’est promis je penserai à vous les deux pieds dans le sable ;)

déc
01

Je suis maintenant rendue à la moitié de mon stage! Je dois dire que concrètement, c’est difficile de décrire tous les projets sur lesquels j’ai travaillé. Beaucoup sont volatiles, et certains ne se sont pas réalisés, par manque d’organisation et de ressources de la part de l’organisme pour lequel je travaille, LaNeta.

Par exemple, la fin de semaine dernière avait lieu une foire d’organisations qui luttent contre la violence faite aux femmes. L’idée était de souligner le Jour international de l’élimination de la violence faite aux femmes et aux filles, le 25 novembre, par un grand rassemblement d’ONG afin de sensibiliser la population. L’événement en tant que tel s’est très bien déroulé, mais la préparation a été des plus ardues. J’étais chargée d’élaborer le contenu et la mise en place du kiosque de LaNeta, ce qui n’est pas une mince tâche. J’avais dessiné un kiosque tout à fait interactif et pensé à un contenu qui va au-delà de la victimisation des femmes, ce qui me tombe franchement sur les nerfs. Je pense qu’il faut observer la situation de la violence envers les femmes d’un point de vue davantage actif que passif. Par exemple, il ne s’agit pas seulement de décrire les symptômes et les recours, mais de réfléchir à nos valeurs, à nos perceptions et aux moyens d’action afin de dénoncer et agir contre la violence.

J’ai fait la recherche nécessaire, et même la rédaction en espagnol! Malheureusement, je dois dire que j’ai eu très peu d’appui. D’abord, de ma patronne, Olinca, et ensuite, de ma collègue de travai avec qui je devais réaliser ce projet. Sans entrer dans les détails, on a évité le fiasco de près. Mon attitude, depuis que je suis arrivée, a été d’observer davantage que de commenter, et de m’adapter le plus possible à leur manière d’agir. Je ne désirais surtout pas imposer ma rigueur et mes perceptions d’étrangères dans mon nouveau milieu. Par contre, je suis arrivée au constat que j’aurais dû faire les choses à ma manière, tout simplement parce que les gens ici ne respectent JAMAIS les échéanciers qu’ils se fixent. Alors, on stresse, on bâcle le travail, et au bout du compte personne ne semble content. Et croyez-moi, ce n’est pas un cas isolé. Cette situation se répète, c’est désolant.

Par exemple, mon organisation n’a pas le sens du marketing pour un centavo (cent), alors je leur ai proposé de concevoir un dépliant afin de promouvoir notre campagne sur les femmes et les TIC (Technologies de l’Information et des Communications, l’Internet par exemple). Ce dépliant pourra être distribué lors de la foire sur la non-violence, et aura sûrement un bon impact. Olinca me dit que c’est une excellent idée. Je fais appel à mon ami Daniel pour qu’il me donne un coup de main avec Photoshop, et nous travaillons fort sur ce projet. Ensuite, je le présente aux membres du comité de la campagne. Ils me disent, excellent travail, très bien réussi.

Alors, je m’apprête à faire imprimer le dépliant, puis je me rends compte qu’ils veulent y faire des changements. Il est un peu tard, mais j’accepte de changer quelques trucs. Pire, ils ne me disent même pas tous les changements d’un seul coup, ils attendent quelques jours, puis m’envoient d’autres corrections (seulement de la grammaire!!!). Je leur fais comprendre qu’il faudrait se grouiller, sinon nous n’aurons pas le temps de tout faire imprimer avant le jour de la foire.  Ensuite, ils me conseillent un imprimeur qui, finalement, n’existe pas. Le temps file et je suis bien fâchée de ne pas recevoir d’appui valable. Je leur fais comprendre que ce n’est pas à moi, une étrangère, de trouver un endroit pour faire imprimer des dépliants pour leur organisation. Je ne connais pas suffisament la ville pour savoir où aller, pas plus qu’en regardant dans le bottin je n’aie aucune idée de l’emplacement des imprimeurs. De plus, avec mon accent de gringa, ils vont me charger plus cher, c’est sûr. Je fais quand même le tour de la ville (littéralement) pour trouver une solution, mais en fin de compte le délai est trop court. Alors, je réalise que d’imprimer les dépliants pour la foire sera impossible!

Je rage, parce que j’ai travaillé très fort sur ce projet, et ce, dans l’inaptitude la plus totale de mes collègues de m’aider. Tout ce que ma patronne trouve à dire, c’est à quel point c’est dommage que nous n’ayions pas les dépliants pour la foire! Tout de même, je me résigne à les faire imprimer pour nos événements suivants, les ateliers que nous donnerons cette semaine à San Cristóbal de las Casas, au Chiapas, et la semaine prochaine à Oaxaca. J’entre les corrections qu’ils avaient “oublié” de me donner (sigh), et je prends à part Estela, la réceptionniste du bureau. Je lui dis: “Toi, tu vas appeler les imprimeurs. J’ai ici un bottin, bonne chance et amuses-toi bien”. Je ne leur ai pas donné le choix, parce que sinon ils te laissent tout entre les mains sans bouger le petit doigt. Après plusieurs appels et négociations, nous obtenons un prix tout à fait raisonnable, que nous proposons à Olinca.

Alors, c’est la goutte qui fait déborder le vase: elle ne veut pas payer, même un prix dérisoire! Je lui propose de couvrir une partie des frais, puisqu’Alternatives me donne un peu de budget pour ce genre de projets. Elle refuse. Alors, je fulmine, et je lui dit que si elle ne voulait pas investir, elle n’avait qu’à le dire avant, au lieu de me faire gaspiller des heures de travail et de l’énergie!

Vous voyez, c’est ce genre de situation qui est frustrante ici: les gens ne s’organisent pas bien, et quand ils te confient un projet, ils ne prennent pas d’initiatives, ils te fouttent tout entre les mains, merci bonsoir. Et quand on leur demande une information, des corrections, un peu d’aide, tout tarde tellement, que finalement on est mieux de le faire soi-même.

Enfin, ceci n’est qu’un exemple, il y en aurait pas mal d’autres comme celui-là. Mais somme toute, ce n’est pas mon problème si leurs projets échouent ou ne se réalisent pas à leur pleine capacité. En attendant, je continue d’apprendre beaucoup, sur la culture, la technologie, les logiciels, et mes propres limites. Je suis très stimulée par les thèmes sur lesquels je travaille, et j’aurai de quoi poursuivre mes recherches rendue à Montréal. J’ai des idées de maîtrise qui trottent dans ma tête…

Je vous laisse sans nouvelles pour deux semaines, ne vous inquiétez surtout pas. Je pars ce dimanche pour une semaine à San Cristóbal de las Casas, dans les montagnes du Chiapas, une des régions les plus autochtones du pays. C’est le foyer des Zapatistas et du mouvement EZLN. Je vais y donner un atelier pendant trois jours, et je vais visiter la ville et les ruines mayas de Palenque. La semaine suivante, je pars directement pour Oaxaca, autre région autochtone du pays. Là aussi je donnerai un atelier, pour ensuite visiter un peu la ville et ses marchés. Je reviendrai au bercail le 15 ou le 16 décembre. J’aurai dans mes bagages beaucoup de photos et des souvenirs magnifiques, puisque ces deux régions produisent le plus bel artisanat du pays. Je pars seule, bien que je serai accompagnée de collègues de travail durant les ateliers. Pour être franche, ça me fait du bien de m’évader du monstre D.F. pour plus que deux jours… Je vais me gorger de soleil, de l’air frais des montagnes, et des couleurs vibrantes du Mexique!

Lucha libre lors de la feria

Manifestation d’autochtones tout nus

Moi, Estela, Yamina, Olinca et Silvia

nov
29
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